Les rencontres et les conférences

 
Les conférences au 109
La conférence de Rosa Cinelli et Maxence Mercier

« Voix d’archives »

Le mardi 24 mars 2026 à 17h lors du vernissage de l'installation sonore immersive Voices of Fragments : Making memories out of a difficult heritage
Le Hublot, le 109 – 89, route de Turin, 06300

Lors de cette conférence, les deux créateurs de l'installation Voices of Fragments présenteront les problématiques philosophiques fondamentales qui accompagnent leur création, telles que le rapport entre l'image et la réalité, la question des « images manquantes » et celle de la mémoire.

Photo Mercier Cinelli
Photo Mercier Cinelli
Rosa Cinelli a obtenu un doctorat en philosophie et en sciences de l'information et de la communication dans le cadre d'une cotutelle internationale entre l'Université de Milan et l'Université Côte d'Azur. Elle est actuellement ATER (Attachée Temporaire d'Enseignement et de Recherche) à l'Université Paris 8, où elle enseigne dans le cadre du Master Humanités Numériques. Sa recherche porte sur l'utilisation des images comme preuves documentaires et forensiques, de la photographie à la réalité virtuelle. 
Maxence Mercier
est compositeur, plasticien et docteur en art-vivant. C’est dans la multiplicité d’interactions sensibles qu’il tisse les motifs de son écriture au sein de dispositifs d’installation et de compositions musicales. Ses recherches portent sur les espaces d’écriture de la spatialisation sonore. Ses projets artistiques confrontent les dimensions de l’écriture sonore aux défis écologiques et suscitent le développement d’innovations vertueuses, soucieuses de sobriété technologique.

La conférence d'Anna Maria Sienicka

« Soi-même comme un monstre : pourquoi ne peut-on pas échapper à l'imaginaire du monstrueux ? »

Vendredi 27 mars 2026 à 17h30, à l'occasion du spectacle de danse DEVORA 
Le Hublot, le 109 – 89, route de Turin, 06300

Comment peut-on désigner un autre être humain par le terme de « monstre » ? Aujourd'hui, aucun corps humain n'est suffisamment autre pour être rejeté en dehors de l'humanité. Cependant, certaines apparences (défiguration, handicap visible lourd, voire modifications corporelles) sont si troublantes que seul ce terme semble pouvoir en rendre compte.
Cette désignation signe autant l'échec du langage, qui renseigne bien plus sur l'état du sujet qu'il n'est une désignation d'objet, qu'une volonté de mettre à distance ce qui se présente à nous. Car c'est bien une volonté d'instaurer de la distance qui se situe au cœur du monstrueux : le monstre serait maîtrisable s'il ne s'incarnait pas dans la forme humaine. Mais il résiste : il y a en lui quelque chose d'irrémédiablement proche. La monstruosité ne se donne que sur un fond de familiarité, qui nous fait reconnaître un semblable en cet autre si différent. Comment comprendre ce regard qui conduit à un jugement aussi violent ? Et que représente cette mise à distance, est-elle seulement possible ? Notre plus grande crainte ne serait-elle pas de nous reconnaître en celui que nous désignons comme « monstrueux » ?

Photo Anna Maria
Photo Anna Maria
Anna Maria Sienicka est doctorante à l’université de Bourgogne et chargée de cours en philosophie. Elle travaille sur la perception et la mise en scène des corps jugés monstrueux, en interrogeant à la fois la persistance de l’imaginaire des freakshows dans les performances contemporaines et la possibilité d’élaborer une esthétique propre à ces spectacles. Sa recherche s’attache à comprendre les modalités d’apparition du « monstre » ou phénomène de foire pour préciser le regard scrutateur porté sur les corps hors-norme et, à travers une étude de terrain présente le renouveau du sideshow. Elle a co-organisé un atelier de recherche intitulé “Monstres” et morts. Imaginaires et rationalité : ce qui entrave ou rend possible la relation, ainsi qu’une journée d’études consacrée aux freaks contemporains au campus parisien de l’université de New york. Ses dernières publications portent sur la spécificité de la fiction mise en scène par le freakshow contemporain et sur le dialogue entre freakshows et mise en scène du handicap dans la photographie de Diane Arbus et Joel-Peter Witkin.

La conférence de Maud Pouradier au Musée Chagall

« Le monde de l’opéra, et le nôtre »

Mardi 24 mars 2026 à 19h, Musée national Marc Chagall, Avenue du Docteur Ménard, 06000 Nice.

L’opéra n’est pas seulement une œuvre musicale, mais une œuvre fictionnelle où les personnages parlent en chantant (parlare cantando, selon l’expression de Monteverdi), et où la musique instrumentale est présente presque continûment. Aussi l’opéra, contrairement aux autres formes de théâtre musical, a-t-il été accusé d’invraisemblance. Or pour aimer l’opéra, il faut en comprendre la vraisemblance propre, et ne pas faire du chant une convention arbitraire. Ce n’est pas malgré le chant, mais grâce au chant que l’opéra raconte de bonnes histoires, pouvant surpasser le médium théâtral (qu’on songe à Don Giovanni, Pelléas et Mélisande ou à Dialogues des carmélites). Mais alors, quel est le monde de l’opéra, et en quoi diffère-t-il du nôtre ? Quelles sont les implications pour la mise en scène d’opéras ?
 

Photo Pouradier
Photo Pouradier
Maud Pouradier est ancienne élève de l’école Normale supérieure (2001) et maître de conférences en esthétique et philosophie de l’art à l’université de Caen depuis 2012, habilitée à diriger les recherches. Elle est aussi membre de l’Institut universitaire de France depuis 2025, et vice-présidente de la Société Française d’Esthétique. Elle a dirigé en 2012 le dossier Pourquoi l’opéra ? dans la Nouvelle Revue d’Esthétique, et publié en 2023 Parler en chantant. Une philosophie de l’opéra aux éditions du Cerf, ainsi que de nombreux articles et chapitres d’ouvrage portant sur l’opéra. Le dernier en date, « Réactiver l’opéra au XXIe siècle », est paru en 2026 dans Les Arts en action sous la direction d’Alessandro Arbo et Roger Pouivet aux Presses universitaires de Rennes.

La conférence sonore de Céleste Gatier et Catherine Guesde

« Le bruit du temps »

Lundi 30 mars 2026 à 20h, Amphithéâtre 4 – Villa Arson, 20 avenue Stephen Liegeard, 06100 Nice.

Céleste Gatier et Catherine Guesde, toutes deux musiciennes et universitaires, proposent une forme hybride mêlant concert et conférence, fiction et philosophie afin de susciter une réflexion autour des questions suivantes : peut-on écouter le temps qui passe ? Quel est le bruit du temps révolu ? En se concentrant sur la fragilité sonore, cette conférence s’attachera à cerner autant qu’à brouiller les temporalités multiples qui se logent dans un son dégradé. 
 

Photo Guesde
Photo Guesde
Catherine Guesde est Maîtresse de conférences au département de philosophie de l’Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis ; ses recherches portent sur des formes de radicalités sonores telles que le metal extrême et la noise. Elle a co-écrit The Most Beautiful Ugly Sound in the World. E l’écoute de la noise, et dirigé des ouvrages collectifs autour du punk et du black metal. Elle développe par ailleurs une pratique brute de la guitare électrique, avec une attention aux sons fantômes et à la dissolution des formes, en solo sous le nom de Cigvë, en groupe (Eaux_fortes, Baron Légion) ou dans le cadre d’improvisations collectives libres. Elle se produit aussi bien dans des cadres institutionnels que dans des lieux underground, en France et à l’international.

Photo Gatier
Photo Gatier
Céleste Gatier
est une artiste sonore, performeuse et chercheuse en histoire de l’architecture japonaise. Issue d’une double formation en arts (École Nationale Supérieure d’Arts de Paris Cergy) et en archéologie (Sorbonne Université), elle développe une démarche artistique transdisciplinaire s’intéressant à la fragilité de l’objet sonore et sa spatialisation. Sa pratique d’« électronique fragile » repose sur la conception de dispositifs sonores originaux à partir de papiers augmentés électriquement et de circuits électroniques self-made, qu’elle déploie dans des performances, concerts et installations, en France et à l’étranger. Cette pratique d’art sonore se nourrit notamment de ses recherches de thèse. Elle étudie les pièces de thé japonaises construites en Europe, et particulièrement le transfert du patrimoine sonore et acoustique de la cérémonie du thé. Elle collabore avec des acousticiens français et japonais pour développer des méthodes expérimentales d’archéologie sonore et d’ « acoustique du silence » .

Le café-philo sur les mangas animé par Gatsu Sensei

« La philosophie dans Naruto. Penser autrement la question de la souffrance »

Mercredi 25 mars 2026 à 18h, Librairie-café BD Fugue, 31 rue d’Angleterre, 06000 Nice.

S’adressant à tous les âges et publics, le café-philo de Gatsu Sensei propose de revenir à Naruto pour mieux comprendre la question de la souffrance à travers une succession de thèses originales développées par Masashi Kishimoto dans son œuvre.
 

Photo gatsu
Photo gatsu
Gatsu Sensei, professeur et philosophe spécialiste du manga japonais moderne, auteur de Manga Philo, toute la philosophie révélée par le manga, publié chez l'Étudiant.







 

La rencontre aux Parleuses avec Vanina Mozziconacci

« Rencontre avec Vanina Mozziconacci à partir de son livre Apprendre à philosopher en féministe »

Mardi 31 mars 2026 à 19h, Librairie Les Parleuses - 18, rue Defly, 06000 Nice.

Le Festival ProPhilia et la Librairie Les Parleuses organisent un moment d'échange avec Vanina Mozziconacci autour de son dernier livre Apprendre à philosopher en féministe (Paris, La Dispute 2025).

Présentation du livre

Suffit-il d’ajouter des femmes aux programmes scolaires pour que l’histoire de la philosophie cesse d’être sexiste ? Une éducation féministe peut-elle être autre chose qu’un endoctrinement ? Pour Vanina Mozziconacci, loin de s’apparenter à une « éducation à l’égalité des sexes » qui livrerait clef en main bonnes pratiques et bonne conscience, un apprentissage féministe de la philosophie vise au contraire à reproblématiser.
Car philosopher en féministe, c’est refuser de se laisser enfermer dans une façon masculiniste de poser les problèmes. C’est découvrir le contrat sexuel, racial et âgiste sous le contrat social ; déceler le caractère genré de certaines postures argumentatives ; retisser par des récits le lien entre la métaphysique et le quotidien ; constater que des concepts clefs de l’histoire de la philosophie tiennent par connivence misogyne ; c’est, enfin, se demander à qui profite une pensée qui se présente comme désintéressée.
Avec un ton engagé, parfois irrévérencieux, l’autrice montre qu’un tel travail de recadrage est nécessaire pour que la discipline cesse d’ignorer les expériences minorisées et qu’elle produise des concepts qui leur rendent justice. Et montre que le féminisme est aussi une lutte contre les injustices épistémiques.
 

Vanina Mozzicova
Vanina Mozzicova
Vanina Mozziconacci est maîtresse de conférences en philosophie à l'Université Paul Valéry Montpellier 3. Elle est rattachée au laboratoire CRISES (EA 4424). Ses recherches portent principalement sur les théorisations féministes de l'éducation et sur la didactique de la philosophie.