Séminaire transdisciplinaire autour de la « Réalité mixte » du LIRCES (EA 3159)

  • Culture scientifique
Publié le 11 septembre 2020 Mis à jour le 19 octobre 2020
Date(s)

du 24 septembre 2020 au 8 avril 2021

10 séances seront proposées le jeudi de 19h à 20h30 (5 par semestre). Chaque soirée fera l’objet d’un exposé suivi d’un échange avec l’auditoire.

Calendrier semestre 1 : « Inconscient, corps et création » :
Jeudis 24 septembre – 22 octobre – 5 novembre - 19 novembre et 3 décembre.

Calendrier semestre 2 : « Réalités virtuelles, psychopathologies et créativité» :
Jeudis 14 janvier – 11 février – 11 mars – 25 mars et 8 avril.

 

Lieu(x)

Lieu : Campus Carlone – Amphitheatre 60 - 98, bd Edouard Herriot - 06200 NICE – ENTRÉE LIBRE

Psychanalyse en dialogue et réalités virtuelles

Ce séminaire ouvert à la communauté des enseignants-chercheurs, chercheurs, aux étudiants et aux professionnels intéressés, visera à éclairer des concepts et notions de la psychanalyse à partir de la praxis orientée par le corpus freudo-lacanien en dialogue avec des disciplines connexes. Il se veut un lieu d’échanges transdisciplinaires (psychanalyse, phénoménologie, sémiologie, narratologie, sociologie, anthropologie, neurosciences, sciences dures...) destiné à déconstruire pour tenter de reconstruire les concepts et notions d’inconscient, de création et de réalité à la lumière du lien social contemporain et de ses modalités psychopathologiques : formes actuelles des réalités virtuelles, de la clinique « classique » des phobies, addictions (alcool, tabac, drogues, substances psychotropes etc...) comme des néo-addictions (vidéo jeux, écrans, sexe, travail etc...). La question sera celle du traitement possible de ces symptômes comme du lien social lui-même en tant qu’il se trouve lui aussi affecté par les maux postmodernes.

La problématique de la réalité virtuelle est une création technologique (Missonier & Robineau, 2007) qui, comme dans les années 1990 pour l’Internet et ses différents usages, « porte en elle la palette des gradients de la créativité et de la destructivité humaine ». Les liens interhumains, nombreux, qui se tissent dans le vaste espace virtuel, dont les contours sont de plus en plus flexibles —ne parle-t-on pas de réalité augmentée — sont tour à tour transitionnels ou aliénants. Ils poussent à élaborer et intégrer au quotidien de la clinique « une véritable psychopathologie psychanalytique des usages de la réalité virtuelle » (Missonier & Robineau, 2007). Fortement plastique, la réalité virtuelle est prompte à engendrer des formes nouvelles dans l’ensemble des champs de l’activité humaine ; citons les téléconsultations, le télétravail : qu’impliquent ces pratiques, que permettent-elles ou ne permettent pas dans le « soin » au regard de la réalité des corps parlants, soit du réel de l’angoisse et de l’efficacité symbolique de la parole ? « Le triomphe de l’image » (Wacjman), dans la multiplication de ses supports médiatiques (écrans, tv, consoles, téléphones portables...), nous amène à une interrogation à deux visages, à la Janus : ce dieu romain des commencements et des fins, des choix, du passage et des portes est représenté une face tournée vers le passé, l'autre sur l'avenir. C’est exactement la question qui s’impose à nous quant aux réalités virtuelles, bifaces : pour le meilleur et pour le pire, sinon l’abject du « vu » et du « montré ».

Les notions de symptôme, fantasme, réel, imaginaire et symbolique, telles que définies notamment par J. Lacan, seront ainsi déployées afin de penser les différents rapports à l’illusion à l’époque d’une prédominance des images et au regard de l’aliénation spéculaire pourtant subjectivante. L’ouverture transdisciplinaire de ce séminaire permettra d’interroger, dans un dialogue, ce qui est entendu comme « réalité virtuelle », comment elle se construit, quelles formes de pratiques elle engendre ou elle révèle dans ses formes techniques et dans les usages qui en sont fait. La cure analytique sera ainsi approchée comme un lieu de création, à partir de ce que permet l’acte de parole que nous articulerons à « l’inconscient réel ». Quelles variantes de la cure-type envisager pour une praxéologie en résonance avec les symptômes contemporains ? Quid de la dimension du virtuel au sein même du dispositif de la cure ?